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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 15:26

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L'armement des municipaux s'invite dans la campagne

Est-ce une surprise? Dans le «top dix» des idées émises sur le compte Facebook du candidat Nicolas Sarkozy figure en tête «l'armement obligatoire des policiers municipaux sur l'ensemble du territoire». «Après le premier tour de la présidentielle, on a aujourd'hui un vrai clivage entre Nicolas Sarkozy et François Hollande sur les questions de sécurité, les socialistes prônant notamment le désarmement des municipaux, ce qui témoigne d'une absence totale de lucidité», assène Éric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes. À ce jour, environ 40 % des 20.000 policiers municipaux sont armés. La droite est plutôt favorable à l'extension de l'armement de ces agents de plus en plus exposés. Secrétaire national de l'UMP chargé de l'emploi des forces de sécurité, Bruno Beschizza s'est ainsi déclaré favorable à ce que l'armement des municipaux devienne la règle, les maires pouvant demander au préfet l'autorisation d'y déroger. À l'inverse de ce que prévoit actuellement la loi.

Mais des voix discordantes - et non des moindres - ont brouillé le message. Le maire de Marseille, par exemple, Jean-Claude Gaudin, pilier centriste du parti majoritaire, a déclaré le 30 août dans Le Figaro, alors que sa ville se trouvait en pleine tourmente sécuritaire: «Si armer la police municipale était la bonne solution, il y aurait moins de délinquance dans les villes où elle a été mise en œuvre. Or aucune statistique ne l'a démontré jusqu'à présent.» Depuis, Jean-Claude Gaudin a toutefois fait un premier pas en annonçant la dotation de ses policiers en pistolets à impulsion électrique.

À Lyon, ville socialiste, la police est armée. À Lille, chez Martine Aubry, elle ne l'est pas. Le secrétaire national du PS chargé de la sécurité, Jean-Jacques Urvoas, n'a pas hésité à déclarer qu'il fallait retirer aux municipaux leur armement, voire l'uniforme bleu qu'ils portent pour éviter toute confusion avec les policiers nationaux. Il a même imaginé de faire sanctionner les municipalités qui emploieraient un quota d'agents supérieur à la moyenne nationale. S'exprimait-il à titre personnel, comme il l'a prétendu?

Autant agiter, en tout cas, un chiffon rouge sous le nez d'agents de plus en plus investis dans des missions de sécurité périlleuses et qui arrivent souvent sur l'événement à chaud, bien avant les nationaux. L'affaire Aurélie Fouquet, du nom de cette municipale de 26 ans abattue à la kalachnikov, le 20 mai 2010, par des malfaiteurs à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne), demeure emblématique du degré d'engagement de ces agents dans la lutte contre le crime. «La position des socialistes est ambiguë», estime Christian Estrosi, élu à la présidence de la Commission consultative des polices municipales (CCPM) créée le 26 septembre 2011 par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. Et le maire de Nice, ancien ministre UMP, de citer le cas de Toulouse, où l'affaire Merah a ravivé la polémique sur l'armement des municipaux.

En proie à une véritable crise identitaire

Aux pires heures des macabres expéditions du tueur au T-Max, le mois dernier, quand les projecteurs des médias étaient braqués sur la ville, la municipalité PS avait décidé de ­rétablir la dotation de ses policiers en armes de poing le jour, alors qu'ils n'étaient plus autorisés à les porter que la nuit. Et encore, pas tous. Sur les 200 policiers communaux, 136 seulement avaient le droit de détenir une arme lors des patrouilles nocturnes.

Les caméras de télévision sont ensuite parties couvrir d'autres actualités. Et les armes subitement devenues indispensables aux abords du Capitole ont été remisées de nouveau dans les coffres au lever du soleil. Depuis, dans la Ville rose, c'est la fronde des municipaux: grèves, manifestations, comme le 3 avril dernier, où vêtus de chasubles jaune fluo, arborant parfois une cible sur la poitrine, une soixantaine d'agents ont déposé symboliquement des étuis à pistolet devant la mairie pour protester contre leur désarmement partiel.

«Nous courons les mêmes risques que la police nationale, nous sommes des cibles, d'ailleurs on nous impose le port de gilets pare-balles, nous voulons pouvoir nous défendre», assurait, ce jour-là, Mickaël Bruneau, délégué syndical. Un point défendu au plan national par sa maison mère, le Syndicat national des policiers municipaux SNPM-FO. En cas de victoire aux prochaines élections, la gauche comme la droite ont l'intention de légiférer sur le statut et les moyens de la police municipale en proie à une véritable crise identitaire. Des travaux de la Commission Estrosi, qui intègre des élus de tous bords, il ressort que les municipaux réclament de la reconnaissance, un statut et les moyens de se défendre à la hauteur des risques auxquels on les expose. Les maires, quant à eux, veulent que l'État respecte le principe de libre administration de leur commune, sans se faire imposer un armement qu'ils ne jugeraient pas nécessaire ou qui serait trop coûteux. Le débat devra être tranché.

Source (Le Figaro)  http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/04/24/01016-20120424ARTFIG00674-l-armement-des-municipaux-s-invite-dans-la-campagne.php

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Published by SIPM - EUROCOP - dans Presse et police municipale