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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 16:39

http://www.marianne2.fr/Draveil-les-policiers-accusent-Tron-d-avoir-pourchasse-la-commissaire_a206886.html

 

Tron-copie-1

 

 

arcelée par Georges Tron et lâchée par sa hiérarchie. L.C, l’ancienne commissaire de police de Draveil, a supporté pendant des mois les pressions du secrétaire d'état à la fonction public, par ailleurs maire de la ville sans que ses supérieurs, tous avertis, ne lui témoignent le moindre soutien.

Pire. Profitant d’un mouvement de mutation pour quitter Draveil en janvier dernier, elle ne s’est vue proposer qu’un seul poste, au Centre national d’Etudes et de Formation de la police nationale (cnef), à Gyf sur Yvette (91). Un point de chute où cette jeune policière « excellemment notée », selon Frédéric Péchenard, directeur général de la Police nationale, sortie 7ème de sa promotion, est affectée à des tâches administratives très éloignées de la sécurité publique.

« L’administration a fait en sorte qu’elle ne soit plus en contact ni avec le terrain, ni avec les élus
 »,  explique un élu du Syndicat des Commissaires de la Police Nationale. Même chose pour les deux anciens plus proches collaborateurs de la jeune femme. L’un a du accepter un poste à l’Unité départementale de garde et de transfèrement de l’Essonne, l’autre est muté à l’Office centrale de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP)… Pas franchement une promotion, notent leurs anciens collègues, qui considèrent que « le commissariat de Draveil à été décapité ».
 
Voilà ce qu’il en coûte à ceux qui tiennent tête au secrétaire d’Etat à la Fonction publique. Ce dernier, maire de Draveil depuis 1995, avait reconnu dans le Parisien Essonne qu’il y avait eu « beaucoup d’incidents » avec la jeune commissaire, avec laquelle « les choses ne se passaient pas comme elles auraient du se passer ». Peut-être parce que le ministre semble avoir pris la fâcheuse habitude de diriger la police nationale dans sa ville…

A tel point que le ministre-maire s’est, au fil des ans, entouré d’une véritable milice personnelle chargée de garder un œil sur la ville.  Que ce soit par le biais de son chef de cabinet, Philippe Moronval (ancien patron du commissariat de Draveil entre 2006 et 2008 et prédécesseur de L.C) ou par l’entremise de Richard Privat, adjoint à la sécurité ( et ancien policier), Tron mettait son nez partout. « On recevait plusieurs coups de téléphone par jour, raconte un policier, jusqu’à 5, 6, plus... Le maire voulait des informations sur des affaires ». « Tron attendait de la commissaire qu’elle le tienne au courant de tout, de la moindre plainte. Il avait pris l’habitude d’utiliser ces informations à des fins politiques », témoigne un responsable. « Du temps de Moronval, son prédécesseur, la consigne, c’était « dès que la mairie demande quelque chose, vous le donnez », se souvient-il. Tron ne comprenait pas qu’elle refuse». De fait, L.C ne transmettait à la mairie que les informations classiques, relatives à la sécurité public, réservant, comme c’est l’usage, l’exhaustivité de ses rapports à sa hiérarchie et au parquet.

Une rigueur saluée par tous, mais qui agaçait Tron au plus haut point. Car le maire, à en croire les policiers, s’intéressait tout particulièrement aux faits et gestes de ses opposants politiques, à commencer par le couple Marie-Caroline Le Pen-Philippe Olivier (conseiller politique au FN), qui vit sur la commune et avec lequel il accumule les contentieux. Mais il souhaitait aussi qu’on lui communique les noms des victimes de cambriolages ou de vol à l’arrachée, « histoire d’aller réconforter les petites mamies qui s’étaient fait tirer leur porte monnaie », rigole un policier. Des voix facilement acquises… « Il voulait maintenir son emprise sur la communauté d’agglomération de Sénart Val de Seine, qu’il préside, et nous demandait aussi des infos sur les mairies voisines, raconte un lieutenant. Lors des réunions, il menaçait le maire de Vigneux en lui disant « j’ai des dossiers ! » ».

Excédé par le manque de « communication » de la commissaire, Georges Tron avait finit par faire du départ de la policière une affaire personnelle, au point de se plaindre d’elle à sa hiérarchie : le chef de district d’Evry, Joseph Merrien, le Directeur départemental de la sécurité publique, Jean-Claude Borel Garin, ont reçu la jeune flic à plusieurs reprises. En dépit de ses explications, écrites, précises et circonstanciées, aucun n’a bougé. Quant au préfet de l’époque, Jacques Reiller, « il nous faisait appeler en disant : « la mairie demande ça, il faut le faire » », s’offusque l’un des adjoints de LC.
 
Quand L.C est revenue de congé maternité, en septembre 2010, Georges Tron disait partout qu’elle « ne reprendrait pas son poste à Draveil ». De fait, la jeune femme a demandé sa mutation, en dépit du « témoignage de satisfaction » signé par l’ensemble de ses effectifs fin décembre 2010. « Un geste symbolique, pour lui manifester notre soutien », explique un fonctionnaire. Mais qui a, une fois encore, rendu Tron furieux : « le maire a appelé notre direction pour demander à ce que l’on soit poursuivi disciplinairement », se souvient un gardien de la paix. Au mois de janvier, alors qu’elle avait annoncé son départ, le directeur central de la sécurité publique de l’Essonne, Jacques Fournier, lui a accordé une prime exceptionnelle pour ses bons résultats en matière de lutte contre les vols et effractions (meilleurs résultats du départements en 2010). Une prime que L.C a utilisé pour acheter le matériel qui manquait au commissariat, et pour lequel l’administration lui refusait le budget…
Il est vrai que la police, en Essonne, passe après la politique.



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Published by Syndicat indépendant de la police municipale - dans Politique