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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 17:22

source :http://www.populi.youvox.fr/spip.php?article26

Pourquoi dénoncer l’incompétence doit-il être puni ?

mercredi 15 décembre 2010, par Piquebof
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J’ai lu le livre de Zoé Shepard (en réalité d’Aurélie Boullet). Le livre est agréable à lire mais à dire la vérité, je ne suis pas allé jusqu’au bout. De paresse mais aussi de fatigue, il m’est tombé des mains ! Beaucoup de fonctionnaires mais aussi beaucoup d’employés de grandes firmes peuvent faire des constats similaires à ceux de Zoé. Rares sont ceux qui ont eux le courage de mettre cela sur la place publique. Les plus actifs, les jeunes arrivants (c’était le cas de Zoé) ruent dans les brancards, tentent, un temps, de souligner les aberrations existantes, de les corriger en faisant quelques tapages, puis la domestication fait lentement son œuvre. Des mois puis les années passant, tous et toutes s’arrangent de ce monde dénoncé à satiété par de nombreux auteurs dont Courteline qui savait lui aussi tremper sa plume là où cela faisait mal. Pour avoir réalisé de (très) nombreuses missions un peu partout dans les collectivités territoriales et de grandes et moins grandes administrations j’aurais sans doute pu amener à Zoé encore plus de matière pour son livre. Ce dernier m’a rappelé mes exaspérations et surtout mon impuissance à apporter un réel remède à cette procrastination paresseuse rencontré un peu partout. Exaspération face à la lâcheté des responsables qui n’osent ni sanctionner ni récompenser. Exaspération devant l’incompétence due à la très mauvaise formation des personnels qui, pour tout dire, ne savent pas travailler. Ce qui fait la fortune des sociétés de conseils et de services qui doublent les effectifs internes. Exaspération toujours face à l’incohérence de la gestion des ressources humaines dans la fonction publique. Tous victimes et tous coupables pourrait-on affirmer. Victimes les usagers et les finances publiques. Coupables, les élus et les patrons des grandes administrations qui laissent leur maitrise intermédiaire se débrouiller sans outils, ni méthodes, ni directives. Résultats, une politique de la gestion comptable des ressources humaines plutôt qu’une approche par les professions, les métiers et surtout les services à rendre. Dans cette fonction publique laissée en déshérence, les petits arrangements entre amis sont monnaies courantes. L’économie grise y trouve son compte. Le fonctionnaire de la DDE prend un jour ou deux pour aller rendre quelques services monnayables comme conduire un bateau et ses passagers. Des professeurs s’arrangent largement du faible nombre d’heures de cours pour aller soutenir quelques élèves en difficultés. Des ouvriers des arsenaux commencent leur deuxième journée en fin d’après midi. Des exemples comme ceux là, nous en connaissons tous. C’est souvent la vie de province. C’est toujours la vie de la débrouille. Plus délicates, les parties de jambes en l’air dans les bureaux. Je me souviendrai longtemps du spectacle de la petite sauterie vu d’un toit qui surplombait un bureau de France Télécom. Je puis en témoigner, il n’y a pas que des malheureux chez eux. Lors de certaines de mes missions j’avais une vilaine manie. Une cigarette à la main, j’allais de bureau en bureau demander du feu à l’heure de l’embauche du matin et de l’après midi. Je frappais, j’entrais. Puis je notais les bureaux inoccupés. Je recommençais une heure plus tard. Parfois, j’avais des surprises, comme au ministère du travail, où je suis tombé sur un bureau transformé en cuisine kasher dont les odeurs ne semblaient pas déranger le chef de service. Mais à la fin de la semaine, je savais à quoi m’en tenir vis-à-vis de ceux des services qui se déclaraient débordés de travail. De tout cela qu’en dire au final ? Bravo Zoé. Lisez son livre un jour de bonne humeur. Et, si vous rencontrez Alain Rousset, président de la région Aquitaine, merci de lui rappeler que dénoncer l’incompétence et la paresse sont des devoirs qu’il aurait du, contre toute attente, savoir récompenser. S’il avait été un manager confirmé et aguerri, il aurait remercié Zoé de son humour et de son sens de l’observation. Cela lui aurait fait plaisir. Ensuite, il l’aurait nommé chef de service avec pour mission de porter remède aux dysfonctionnements constatés. Là, je pense qu’elle aurait moins rigolé. L’honneur aurait été sauf, non ?

Vieux Delavieille

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Published by Syndicat indépendant de la police municipale - dans Autre