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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 21:16

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Cette forme de police vit exploser la délinquance sous Jospin. 

La police de proximité, remède miracle contre la délinquance ? Jeudi encore, sur Europe 1, Martine Aubry, première secrétaire du PS, faisait l'apologie de ce concept transposé des pays anglo-saxons. Si l'insécurité perdure, a-t-elle expliqué, c'est parce que Nicolas Sarkozy a supprimé « par idéologie, la police de proximité qui fonctionnait bien». L'ex-premier ministre, Lionel Jospin, qui mit en application la police de proximité de 1997 à 2002, finirait presque par regretter d'avoir fait son mea culpa télévisé le 4 mars 2002, lorsqu'il déclarait sur TF1, en pleine campagne présidentielle : «Sur la question de l'insécurité, j'ai péché par naïveté.»

De fait, la période d'expérimentation de la «pol prox» (comme l'appelaient alors les policiers) s'est soldée par un bilan des plus mitigés. En six ans, les crimes et délits ont littéralement explosé, passant la barre historique des 4 millions de faits en 2001 (+ 17 %), les violences grimpant même de 50 %. Avec un taux de réussite policière le plus faible jamais enregistré, la police et la gendarmerie ne résolvaient plus qu'une affaire sur quatre, contre une sur trois aujourd'hui.

L'objectif visé était certes généreux. En 1997, lors du congrès de Villepinte, la gauche affichait sa «conversion» sécuritaire. Avec la police de proximité (une expression que l'on doit d'ailleurs à Charles Pasqua en 1995), elle prétendait «passer d'une police d'ordre au service de l'État à une police de sécurité au service du citoyen».

Mais cinq ans plus tard, quelle désillusion ! Un rapport de la police des polices (IGPN), rédigé au printemps 2001, va révéler l'écart abyssal entre le discours officiel et la réalité. Ce quatrième et dernier rapport sur la «pol prox» est un brûlot. D'autant plus étayé que les «boeuf-carottes» ont pu mener leur audit sur douze sites, de Marseille à Toulouse, en passant par Strasbourg, Nantes et les grandes circonscriptions de la région parisienne. Aucun des trois piliers qui fondent cette politique ne résiste à l'analyse. Réinvestir le terrain ? «À tort ou à raison, les policiers s'estiment seuls», remarque la mission. «La sécurisation des policiers de proximité est indispensable», ajoutent même les rapporteurs, qui s'interrogent : «Comment sécuriser les autres quand on est soi-même insécurisé ?» Selon eux, «la présence de fonctionnaires peu expérimentés dans les quartiers difficiles et la surreprésentation des ADS (adjoints de sécurité) entraînent plus de difficultés tout en mettant en péril la sécurité de ces policiers vulnérables».

Deuxième pilier : la polyvalence. Car le policier nouveau était censé savoir tout faire. Ce à quoi l'IGPN répond : «Inexpérimentés, exposés (de plus en plus de blessures en service), sous-encadrés, les jeunes gardiens de la paix en quête de mutation rapide pour fuir la région parisienne n'apportent rien de durable dans les villes où ils sont affectés.» Et la situation n'est guère meilleure en province.

La fidélisation devait être le troisième pilier. En clair : vivre avec et dans son secteur. Et, là encore, c'est la Berezina. «Les services se transforment en centres de formation permanente, ce qui n'est pas leur vocation et ne leur apporte rien en termes d'investissement, puisque la plupart des jeunes gardiens affectés repartent ensuite vers la province. (…) Dans (certains) secteurs, les plus anciens sont d'ailleurs souvent… les adjoints de sécurité», s'étonnent les rapporteurs.

Globalement, la police de proximité de Jospin s'affiche le jour, quand les délinquants sortent la nuit. Elle a raté ses objectifs. Consommatrice en effectifs, elle a été menée à marche forcée, alors que la loi Aubry sur le temps de travail se mettait parallèlement en place, privant d'un coup les forces de l'ordre de l'équivalent de 10 000 emplois à temps plein dans la police et la gendarmerie. Autant que les actuelles réductions d'effectifs tant décriées aujourd'hui par la gauche.

La «dame des 35 heures» peut-elle l'ignorer ? À l'heure où, faute de mo­yens, les ADS affluent de nouveau dans les banlieues, le rapport de l'IGPN s'avère également Place Beauvau d'une singulière actualité.

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/09/02/01016-20100902ARTFIG00719-le-bilan-discutable-de-la-police-de-proximite.php

 

 

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Published by SIPM - EUROCOP - dans Sécurité