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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 16:38

Aurélie Fouquethttp://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/05/19/01016-20110519ARTFIG00711-les-policiers-municipaux-en-quete-dereconnaissance.php?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter

 

Les policiers municipaux en quête de reconnaissance

 

INFOGRAPHIE - La profession, qui commémore la mort d'une collègue tuée il y a un an par des braqueurs, prépare ses premières assises nationales.

Troisième force de sécurité publique en France, les policiers municipaux ont plus que jamais soif de reconnaissance. La profession, endeuillée, participe vendredi matin à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) à une marche silencieuse commémorant le premier anniversaire de la mort d'Aurélie Fouquet, leur collègue fauchée à l'âge de 26 ans d'une rafale de kalachnikov lors d'une fusillade avec des braqueurs endurcis sur l'A4. Lors d'un hommage devant le cercueil de la policière, Nicolas Sarkozy avait promis l'ouverture d' «une réflexion approfondie sur la place, le rôle et le statut de la police municipale de notre pays». Le drame avait ravivé la colère de ces agents placés sous l'autorité du maire et qui se sentent mal-aimés.Désormais, ils attendent des actes et des mesures concrètes à l'occasion des premières rencontres nationales de la police municipale, qui se tiendront à Nice, le 16 juin prochain, en présence du ministre de l'Intérieur, Claude Guéant. «Cela fait vingt ans que l'on attend ce rendez-vous, car, jusqu'à maintenant, nous avons été considérés comme des laissés-pour-compte, prévient d'emblée Frédéric Foncel, président du Syndicat national de la police municipale (SNPM). Or, la police municipale, bicentenaire, est la plus vieille police de France, et la filière sécurité, en pleine expansion au sein de la fonction publique territoriale, embauche en permanence.»

 

20.000 policiers municipaux

En dix ans, le nombre des policiers municipaux a explosé, passant de 4000 en 1984 à près de 20.000 hommes et femmes affectés dans 3500 communes aujourd'hui. Ces effectifs en tenue, déployés pour plus de 90% d'entre eux sur le terrain, représentent 11% de la sécurité publique. «Nos collègues sont régulièrement requis pour assister les policiers nationaux ou les gendarmes dans le cadre de leurs missions, assure Frédéric Foncel. Dans certains secteurs, comme à Cannes, la police municipale effectue plus de 60% du total des interpellations! Il faut que notre travail au service des concitoyens soit enfin mesuré.» Message reçu 5 sur 5 par Christian Estrosi.

Député maire de Nice, où est établie la première police municipale de France avec 350 hommes armés et circulant dans des voitures géolocalisées, il souhaite que «les résultats de la profession ne soient plus noyés dans les statistiques officielles, mais clairement identifiés». Pour professionnaliser le métier et légitimer plus encore l'image parfois écornée des agents, les élus prônent aussi l'ouverture d'une école de police spécifique. Par ailleurs, Christian Estrosi formule le vœu que «les directeurs de police municipale puissent obtenir un statut d'officier de police judiciaire et avoir un accès aux bases de données du système de traitement des infractions constatées (Stic) ».

«Nous vivons dans le danger»

Pour l'heure, les policiers municipaux disposent d'un pouvoir de constatation de crimes, de délits et d'infractions, notamment sur le plan routier. Ils peuvent appréhender un fauteur de trouble en flagrant délit et venir en appui d'une perquisition ou d'une opération d'ordre public, comme lors de l'évacuation au début du mois de migrants tunisiens dans un foyer Sonacotra de Nice. En revanche, ils n'ont pas le droit de mener des enquêtes, ni de procéder à des gardes à vue.

Outre l'ouverture d'un «vrai débat» sur leur statut, les agents revendiquent le droit d'être tous armés et aussi bien protégés que leurs homologues employés par l'État. «Actuellement, à peine la moitié des agents municipaux sont équipés d'un gilet pare-balles et 40% disposent d'une arme pour se défendre, déplore Frédéric Foncel. Une pierre lancée sur le porteur d'un uniforme fait aussi mal, quel que soit son statut. Nous vivons dans le danger. Combien de décideurs enverraient leur propre fils en patrouille la nuit sans protection dans les cités? Si un nouveau drame coûte la vie à l'un de nos collègues, alors qu'il n'est pas équipé, nous poursuivrons le maire devant les tribunaux sans aucun état d'âme…»

À l'occasion des premières rencontres nationales de la police municipale, le volet social, lui aussi très chaud, sera au cœur des conversations. Car le salaire moyen n'excède guère les 1500 euros au bout de vingt ans de bons et loyaux services, et les pensions de retraite, quant à elles, oscillent autour de 900 euros. À l'évocation de leurs conditions de vie, les agents n'ont qu'un mot à la bouche: «indigne».PM-copie-1.jpg

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Published by Syndicat indépendant de la police municipale - dans Presse et police municipale