Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 16:37

Manuel Valls revient à ses fondamentaux. Le député et maire socialiste d'Evry (Essonne) qui, le 2 janvier, avait commis un impair en proposant de "déverrouiller les 35 heures", se mettant à dos l'ensemble du PS, retourne à l'un de ses thèmes de prédilection, les relations de la gauche à la sécurité. Manuel Valls ne dit rien de ses ambitions politiques, n'évoque à aucun moment la primaire socialiste, mais se fait le chantre de l'ordre et de la sécurité, les deux "clefs de voûte", affirme-t-il, de la prochaine élection présidentielle.

Surnommé par les médias "le Sarko de gauche", le député prend nettement ses distances à l'égard du chef de l'Etat dont il admirait l'activisme. Il dresse, à coup de statistiques et de témoignages, un réquisitoire implacable contre la politique sécuritaire du président de la République et "une politique du chiffre kafkaïenne". Le jeune trublion est aussi sévère à l'égard de son propre camp et déplore que la gauche, "malgré des efforts", ne soit pas "assez crédible ".

"Certaines des solutions que j'avance ne manqueront pas de heurter les dogmes et les consciences frileuses", écrit-il. Pourtant M. Valls ne se différencie plus fondamentalement de la doctrine de son parti élaborée en novembre 2011 à l'occasion d'un forum sur la sécurité. Comme ses camarades, le député de l'Essonne propose la création d'une "police de quartier", la définition de "zones de sécurité prioritaire", le recours à la vidéosurveillance, des sanctions rapides, le développement de centres éducatifs fermés ou renforcés pour les mineurs délinquants.

"Schizophrénie idéologique"

Tout juste s'avance-t-il plus loin en évoquant la possibilité d'"extirper" les jeunes délinquants de leurs cités en les plaçant à la campagne ou à l'étranger. Alors que les socialistes sont prudents sur les moyens, lui propose une incitation financière pour installer les fonctionnaires les plus aguerris, dans les zones les plus difficiles. Il se dit favorable à l'introduction de critères de satisfaction de la population dans l'évaluation de l'action de la police, à la création de nouvelles places de prison,

Manuel Valls tente de se différencier dans son affirmation de l'autorité. "L'histoire de la gauche, dénonce-t-il, est marquée par une parfaite dichotomie, voire une schizophrénie idéologique lourde en matière d'ordre et de sécurité", entre "l'autoritarisme et les révoltes ", la "police et les individus".

L'épisode Battisti est révélateur, selon lui, "de cette nostalgie protestataire" capable d'absoudre les pires crimes. Pour lui, l'écrivain italien, ancien des Brigades rouges, est un "meurtrier". Il cite encore l'affrontement idéologique entre Jaurès et Clemenceau. "Si pour Jaurès, le progrès prime sur l'ordre, si pour Clemenceau, dans lequel je me reconnais, l'ordre prime sur le progrès, je fais mienne cette formule d'Auguste Comte : "L'ordre pour base, le progrès pour but"."

Même l'ordre juste de Ségolène Royal en 2007, dont il était un des soutiens, ne lui convient plus. Pour lui, il ne faut pas accoler justice et ordre, "l'ordre n'est pas injuste, il est le socle des libertés", écrit-il. Il en profite pour fustiger "la société du care" défendue par la première secrétaire du PS, Martine Aubry, "une erreur", affirme-t-il, car "l'individu n'est ni malade ni en demande de soins".

Sophie Landrin Article paru dans l'édition du 23.04.11
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/22/l-ordre-pour-programme_1511536_3232.htmlvalls

Partager cet article

Repost 0
Published by Syndicat indépendant de la police municipale - dans Politique