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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 15:37

Fin 2008, Chérif Delay était une première fois sorti de l’anonymat. A l’époque, il avait 18 ans et avait déjà trouvé refuge en Afrique pour tenter de se reconstruire. Le 29 novembre, à Paris, les avocats du jeune homme, Mes Jean-Christophe Boyer et Rodolphe Costantino, portent plainte contre Yves Bot, ex-procureur général de Paris.

 

Ce haut magistrat avait tenu une conférence de presse juste après avoir requis l’acquittement des six accusés, qui clamaient leur innocence, rejugés à Paris fin 2005. Une intervention critiquée par Chérif par l’intermédiaire de ses avocats. « Bien sûr, il ne s’agit pas, pour lui comme pour nous, de remettre en cause l’essence du verdict de Paris (NDLR : l’acquittement des 6 accusés), ça n’aurait aucun sens. Mais M. Bot a tenu des propos de nature à enfermer définitivement les jurés dans l’idée qu’une décision d’acquittement général était inéluctable », dénonçaient à l’époque Mes Boyer et Costantino. La plainte de Chérif, jugée « ridicule » par des proches d’Yves Bot, sera classée sans suite.

Rien à redire sur son travail

Toujours en 2008, Chérif Delay s’était également signalé en adressant des courriers à Fabrice Burgaud, l’ancien juge d’instruction de Boulogne-sur-Mer, qui a instruit le dossier d’Outreau. Dans une lettre envoyée alors qu’il est incarcéré, Chérif « remercie » le magistrat de tout ce qu’il a fait pour lui. Il lui annonce aussi son intention de livrer « aux Français » sa version de l’affaire d’Outreau. Dans son livre à paraître en mai, Chérif évoque évidemment Fabrice Burgaud, étroitement associé au fiasco judiciaire. Le jeune homme y défend le controversé magistrat. « Chérif est vraiment choqué par la façon dont a été traité Burgaud, rapporte Serge Garde, coauteur du livre. Les critiques faites à son égard ne correspondent pas à ce qu’il dit avoir vécu pendant l’instruction. Chérif raconte, par exemple, comment Burgaud cherchait souvent à le piéger pour mieux vérifier ses déclarations. » L’aîné des Delay n’hésite pas à qualifier le magistrat de « victime d’Outreau ». Il n’a rien à redire sur son travail. « La preuve, pour Chérif, c’est qu’on a infligé une réprimande à Burgaud », ajoute Serge Garde en évoquant la très légère sanction infligée à Fabrice Burgaud par ses pairs en 2009.

 

 

Le Parisien

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Published by Syndicat indépendant de la police municipale - dans Faits divers