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6 septembre 2010 1 06 /09 /septembre /2010 17:32

Le Bureau National

S/C du Secrétaire Général

logo PM

 

A

 

Inspection Générale de l’Administration

IGA

15 rue Cambacérès

75008 Paris

Adresse Postale

Place Beauvau

75800 Paris Cedex 8

 

 

 

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

 

Dans le cadre de la réflexion entamée par le Ministère de l’Intérieur concernant l’avenir de la police municipale, nous tenons tout d’abord à vous remercier de l’attention que vous voulez bien  accorder à nos revendications.

 

Nous avons entamé, depuis de longues années, une réflexion de fond sur ces problématiques. Dans un cadre général notre fédération milite pour la création d’une fonction publique de la sécurité comme il existe une fonction publique hospitalière. Nous pensons en effet que la sécurité publique est une chaîne qui va du policier municipal APJA qui constate les infractions, au fonctionnaire de l’administration pénitentiaire.

 

Concernant spécifiquement la Police Municipale, le souhait du gouvernement et de Monsieur le Président de la République est manifestement de réfléchir à la place de cette police, à son évolution, aux problèmes rencontrés, et à sa nécessaire coordination avec les forces de polices centralisées .

 

Nous ne nous étendrons pas sur le volet social, les revendications concernant la sécurité des fonctionnaires que vous connaissez et qui sont d’ailleurs communes avec d’autres syndicats.

 

Nous allons donc insister sur des points spécifiques.

 

1 ) Transformation de la Police Municipale en une « Police Territoriale » 

 

Il convient tout d’abord de partir d’un premier constat : les forces de police centralisées DOIVENT garder le monopole de la lutte contre les émeutes, le grand banditisme, la criminalité , les réseaux de trafic de stupéfiants et de proxénétisme, l'immigration clandestine , le renseignement et la lutte contre le terrorisme .

Ensuite la FPIP propose depuis des années la création d’une IV ème fonction de la sécurité publique Le principe de la fonction publique de la sécurité présente comme atout majeur le gommage de la multiplication des statuts auxquels sont assujettis les personnels relevant des corps concernés. Les métiers de la sécurité présentent communément des risques, des contraintes, des conditions de vie et de travail qui méritent d’être reconnus. Regroupés au sein d’une même fonction publique, ces métiers bénéficieraient d‘un arsenal statutaire prenant en compte leurs véritables spécificités et seraient de la sorte préservés contre l’assimilation trop fréquente qu’on leur inflige à l’ensemble de la fonction publique.

Non seulement l’Etat y gagnera en facilités de gestion mais de facto cette réforme serait génératrice d’économies d’argent public .

Partant de ces deux constats il est urgent de réfléchir à la CREATION d’une véritable POLICE TERRITORIALE. Les Polices Municipales sont actuellement disparates , tant dans leur doctrine d’emploi que dans les moyens qui leur sont allouées . Contrairement à une idée reçue la Police Municipale n’est pas une police de « villes riches ». Nombre d’élus locaux ont créé des polices municipales dans des communes ne ressemblant que de loin à des villes où la population est « aisée ». Parallèlement on voit des communes considérées comme « riches » où, par principe , des élus refusent la création de polices municipales .

Dans le même temps certaines polices municipales sont mal employées, cantonnées à des tâches subalternes et n’ont qu’une action marginale en matière de sécurité publique.

Enfin, l’Etat a donné les moyens aux communes de recruter des policiers en intercommunalité .Cette possibilité n’est que peu employée, pour diverses raisons , qui vont des susceptibilités locales au fait que cette possibilité n’est pas rentrée dans les mœurs . L’Etat dans ce domaine doit INCITER FORTEMENT les élus à la création de polices intercommunales .

Il convient donc que l’Etat réforme vraiment les forces de police locale. Des élus commencent à montrer le chemin et on voit apparaître des postes de police « mixtes » réunissant des fonctionnaires de police municipale et nationale dans les mêmes locaux, mutualisant leurs moyens. Là encore, économies, complémentarité et efficacité sont au rendez-vous.

Dans la logique de la création d’une véritable police territoriale les maires ou les présidents d’établissements publics de coopération intercommunales sont les mieux placés pour assurer la responsabilité dans l’emploi d’une telle police , de déterminer les lignes stratégiques de son action ou encore de délimiter ses périmètres prioritaires d’intervention . Par analogie avec le secteur de la santé les maires joueraient ainsi le rôle qu’ils détiennent aujourd’hui en présidant les conseils d’administration des hôpitaux publics.

Le management technique de la police territoriale serait coordonné par un haut fonctionnaire de l’Etat , le Directeur Départemental de la Sécurité Publique , assisté de deux adjoints pour la circonscription de police concernée : un commissaire de Police Nationale (ou bien un Officier de Police Nationale) , et le chef de la police municipale (chef de service de catégorie B ou bien Directeur de Police Municipale STATUTAIRE) . Dans les zones dépendant de la Gendarmerie le rôle du représentant de la Police de l’Etat central serait bien entendu assuré par le commandant de Brigade , ce qui sera facilité par le rapprochement actuel entre la Police et la Gendarmerie Nationale .

Cette Police Territoriale devra bien entendu être présente sur le terrain aux heures où la délinquance est la plus active . Il ne faut pas commettre l’erreur de la « police de proximité » qui était présente aux « heures de bureau » et qui disparaissait du terrain en soirée. La police doit être présente plus là où on a besoin d’elle que là où on souhaite la voir . Priorité doit être donné à un déploiement d’effectifs aux heures où l’activité délinquante est la plus présente .

Une Municipalisation de la Police ? Une exception Française ?

Il ne s’agirait pas , dans le cadre de la création d’une police territoriale efficace et TOTALEMENT ET EFFECTIVEMENT complémentaire des forces de police dépendant de l’Etat central d’une municipalisation de la Police qui serait une « exception » Française . Des polices territoriales existent partout en Europe . En Allemagne,à côté de la Police Fédérale chaque Land dispose de sa propre police TOTALEMENT DECENTRALISEE . En Angleterre il n’existe même pas de Police Nationale mais uniquement des forces locales dans chaque comté . Elles sont placées sous l’autorité du Ministre et d’autorités locales élues. En Belgique il existe une police fédérale compétente sur le plan national et une police locale regroupant le personnel des anciennes brigades territoriales de gendarmerie et celui des polices communales. Le bourgmestre (maire) de Tournai expliquait ainsi en novembre 2001 au congrès de l’association des maires de France que le territoire Belge avait été divisé en 196 zones de police qui sont mono-communales ou pluri-communales . Les territoires de certaines communes ont ainsi été regroupés afin que l’effectif policier atteigne un nombre suffisant . On peut citer également l’exemple de l’Espagne , des Pays Bas, de l’Italie ou bien de nos cousins du Québec, qui n’est certes pas en Europe mais dont nous sommes proches culturellement et affectivement .

Cette police territoriale, travaillant en étroite complémentarité avec une Police Nationale forte et respectée -qui reste absolument indispensable et qui doit être soutenue- serait non seulement totalement démocratique mais parfaitement efficace . Les maires et présidents d’EPCI, comme dans leur rôle de gestionnaires des hôpitaux publics y assureraient une grande responsabilité . Le maire serait ainsi le « capitaine » mais ne serait pas le « barreur » . Le Directeur Départemental de la Sécurité Publique étant le garant du respect des règles d’emploi de cette police territoriale, les élus seraient valorisés dans leur rôle de représentants de l’Etat sur le territoire de la Commune (reconnu par le Code Général des Collectivités territoriales CGCT ) et pourraient répondre efficacement aux demandes de leurs administrés . Il va de soi que les Gardes Champêtres doivent être intégrés dans cette Police Territoriale. Leur appellation désuète en pousse certains à se faire appeler « policiers ruraux » alors qu’ils ont les mêmes pouvoirs que les policiers municipaux en matière d’environnement et, sauf en matière de code forestier, pratiquement les mêmes prérogatives. Les Gardes Champêtres sont en fait des membres à part entière de la Police Municipale comme le rappelle le décret 94-731 : Les gardes champêtres constituent un cadre d'emplois de police municipale de catégorie C au sens de l'article 5 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée.

On assiste en ce moment à une offensive venant d’élus de tous bords, -mais particulièrement de l’Association des Maires de France- qui, comme suite aux déclarations de Monsieur ESTROSI, tentent de faire croire qu’ils n’auraient aucune responsabilité réelle dans la sécurité publique qui  ne serait que du ressort exclusif de l’Etat , entendez par là le Préfet . Ces élus veulent faire accréditer dans l’opinion et auprès des médias des notions fausses. Ainsi ils tentent de faire oublier que les maires ont en charge la Sécurité Publique sur la commune, mais surtout qu’ils y sont les représentants de l’Etat .

Un élu de premier plan, ancien ministre, a même déclaré sur sa page Facebook « Quand un maire est confronté à des troubles à l'ordre public, à des manifestations, il ne dispose que d'un seul moyen d'action : prendre un arrêté municipal interdisant, restreignant une manifestation.
Si ce texte réglementaire n'est pas respecté, il doit saisir le Préfet, représentant de l'Etat
Ce dernier est seul compétent pour accorder le concours de la force publique, voire procéder à des réquisitions. En réalité, c'est à l'Etat qu'incombe d'assurer le respect de l'ordre public, le maire n'a pas ce pouvoir »

Ce qui nous laisse quand même dubitatifs lorsque nous lisons le Code Pénal :  Article 431-3
Constitue un attroupement tout rassemblement de personnes sur la voie publique ou dans un lieu public susceptible de troubler l'ordre public .Un attroupement peut être dissipé par la force publique après deux sommations de se disperser demeurées sans effet, adressées par le préfet, le sous-préfet,
le maire ou l'un de ses adjoints, tout officier de police judiciaire responsable de la sécurité publique, ou tout autre officier de police judiciaire, porteurs des insignes de leur fonction.

En réalité, nombre d’élus locaux, habitués à un certain confort apporté par l’étatisation des polices municipales ne souhaitent en aucun cas assumer leurs devoirs dans ces domaines et ne veulent qu’une « police municipale alibi » a buts électoralistes. C’est pour cela que l’éventuelle qualification en APJ 20 des directeurs de Police Municipale connaît une telle opposition : nombre d’élus ne veulent pas « perdre la main » sur la PM qui serait de facto placée sous l’autorité d’un OPJ  professionnel.  Le fait que les PM intercommunales ne se développent pas vient là aussi de ce sentiment. Les élus préfèrent avoir 2 policiers qui « brassent de l’air » qu’une brigade intercommunale afin d’en faire ce qu’ils veulent. Comme une « police privée »

 

 Le Président de l’AMF a été jusqu’à déclarer que les « vrais délits » étaient du ressort de la Police Nationale (gendarmerie connaît pas ? ) …Lorsque nous saurons la différence entre les « vrais » et les « faux » délits il est certain que nous aurons considérablement avancé .

Donc, en ce sens , Monsieur ESTROSI a raison . Si la loi SRU sanctionne les maires qui ne remplissent pas leurs devoirs en matière de logements sociaux pourquoi ne pas faire de même en matière de sécurité publique ?

Là où Monsieur ESTROSI se trompe c’est en stigmatisant les communes de gauche . Dans ce domaine la couleur politique importe finalement assez peu .

2) La formation des Policiers Municipaux  

Assurée actuellement par les CNFPT il est manifeste qu’elle ne donne pas satisfaction. Le CNFPT n’est pas un organisme organisé pour assurer une formation cohérente des policiers. Tout d’abord il faut noter qu’il coûte fort cher en argent public. A l’heure où nous devons réfléchir à des économies dans tous les domaines il faut repenser la formation des policiers municipaux. Les formations dispensées sont fort disparates selon les régions. Il est fait recours souvent à des cabinets privés qui n’ont aucune connaissance pratique du métier de policier. Beaucoup d’enseignement théorique parfois bien éloigné des réalités du métier. Peu de formations pratiques, de mises en situations réelles. On ne peut confier à des troupes de théâtre sous le contrôle d’un psychologue n’ayant aucune connaissance du métier de policier des mises en situation des fonctionnaires. Et c’est pourtant une réalité. Là aussi des gens extérieurs à la fonction décident des programmes. Et  qui forme les formateurs ? Un audit des dépenses de cet organisme serait, nous le pensons, intéressant. En réalité, avec l’argent public, le CNFPT a créé autour de lui un « business » qui profite à certains mais pas à l’intérêt général. Ajoutons que le président du CNFPT lui-même est assez hostile aux policiers municipaux, puisque selon lui leur rôle se borne aux infractions d’urbanisme et aux chiens errants dans sa commune.

Nous notons également, et c’est un fait assez grave, que depuis que le CNFPT a en charge les formations d’armement, il fait pression sur les maires pour les empêcher de laisser leurs policiers  s’entraîner complémentairement. Nous avons produit au CNFPT des réponses ministérielles : pour lui elles n’ont,« aucune valeur » . Concrètement, des policiers municipaux qui tiraient 6 fois 100 cartouches dans l’année se retrouvent à en tirer 2X 25 sous l’égide du CNFPT . Nous nous demandons toujours POURQUOI le CNFPT s’érige en juge de paix et veut empêcher des maires d’inscrire leurs fonctionnaires dans un stand de tir agréé pour s’entraîner.

Dans une logique d’économie d’argent public et d’efficacité nous proposons que les Policiers Municipaux soient formés, au moins pour une grande part, dans les écoles de Police et de Gendarmerie nationales.

On  peut tout à fait imaginer un tronc commun entre les policiers municipaux et nationaux. Outre que l’Etat dispose des locaux et du personnel formateur, cette solution aurait comme avantage de donner de l’argent à ces écoles, argent qui pourrait être utilisé pour la réfection des locaux, l’entretien, le matériel …

Cela n’a rien d’utopique puisque selon le CNFPT lui-même : « Sur les 18 000 policiers municipaux, la région Provence-Alpes Côte-d'Azur en compte 3 500. La délégation CNFPT de la région est celle, parmi toutes les délégations du CNFPT qui réalise le plus de formation de policiers municipaux en nombre de jours formation. Ce nombre élevé explique qu'auparavant, la formation initiale des policiers était éclatée sur sept sites différents, certains plus adaptés que d'autres à cette formation qui nécessite des équipements particuliers (dojo, plateau d'évolution pour effectuer des gestes techniques d'interventions professionnels en plus des salles de cours, de restauration et d'hébergement).Dans le cadre du partenariat avec la Police nationale, le CNFPT a décidé de relocaliser l'ensemble des formations initiales des policiers municipaux de PACA dans l'école de la police nationale de Fos sur mer. Sur place, une équipe pédagogique du CNFPT supervise la formation et assure un lien permanent avec l'équipe de direction de l'école. »

L’autre solution, plus coûteuse, consisterait à créer une école spécifique aux policiers municipaux, devenus territoriaux .

 

3) Le recrutement

 Nous affirmons sans complexe que le recrutement des policiers municipaux est souvent discriminatoire. Parfois la vérité perce suite à une « gaffe » de l’administration locale. On se souvient que dans le journal « Le Parisien » était paru une fiche où à la mention « points faibles » était annoté « antillais » . Cette affaire est assez célèbre car elle concernait une ville de gauche (les Ulis ) . Mais nous pouvons témoigner que cela existe. Les congés bonifiés sont un frein à l’embauche. De même des notions aussi subjectives que la couleur de peau, le sexe, l’âge, les opinions rentrent en ligne de compte assez souvent. Sans oublier l’appartenance syndicale ! Bien entendu ces décisions discriminatoires sont prises dans le secret, sans preuves. Sauf « gaffe » avérée comme aux Ulis . La mobilité au sein de la Police Municipale est donc une vue de l’esprit. Une jeune femme sera soupçonnée de vouloir un enfant etc…En fait pour pouvoir muter facilement en PM il faut être

-Blanc

-D’origine métropolitaine (un « Béké » blanc = congés bonifiés)

-Homme

-Jeune

-Non gradé

-Neutre

Les gradés en Police Municipale ont énormément de mal à trouver une mutation. Pour les Brigadiers Chefs Principaux le frein est clairement le salaire : le protocole ayant augmenté leur grille indiciaire les mairies rechignent à les embaucher. Les Chefs de Service de cat B sont actuellement totalement bloqués alors qu’ils sont les plus touchés par les règlements de compte politiciens ou de personnes de par leurs fonctions particulièrement exposées,

Les communes recrutent peu de directeurs statutaires de catégorie A.

Aucune obligation d’organisation hiérarchique n’existant cela est parfaitement logique. On voit donc de plus en plus souvent un contractuel (embauché lui à grand frais) régner illégalement sur un service de police  dont le chef est en catégorie C .

Cette position est confortable pour certains élus. Les contractuels sont par nature malléables.

Et posent un problème de fond : on a vu un contractuel condamné en justice pour  avoir commis des indulgences sauvages et avoir fait disparaître des Procès Verbaux. Un statutaire aurait eu sans doute des problèmes d’agrément. Mais pas ce contractuel puisqu’il n’en a pas ! Le maire a donc prolongé son contrat.   

Nous voyons ainsi de simples civils, n’ayant aucune qualification judiciaire, avoir accès aux fichiers et procédures dans l’inférence générale tandis que des titulaires de concours sont « reçus collés » ne trouvant pas de postes.

Certains reçus au concours de directeurs de cat A se font ainsi nommer en dessous du seuil de 40 agents ce qui est un moindre mal par rapport à ces situations.

Nous pensons que les recrutements doivent être pratiqués dans la transparence. Un  fonctionnaire de police est un fonctionnaire de police. Les policiers doivent être mis à disposition d’un centre de gestion spécifique et dispatchés selon les besoins dans les services de police territoriale .   Enfin il doit être possible de déplacer un fonctionnaire « pour raisons de service » en cas de problème d’une police territoriale à une autre.

Sinon les mairies usent de tous les stratagèmes pour se débarrasser des fonctionnaires devenus « gênants » et outre les cas de discrimination à l’embauche pratiquent le harcèlement, mode de management fréquent dans la FPT et qui, là aussi , a un  coût non seulement humain mais financier considérable .

4) Création d’une inspection générale des Services

Nous dirons les choses crûment : la loi n’est pas respectée. Nombre de policiers n’ont toujours pas la tenue réglementaire. Nombre de véhicules circulent sans sérigraphie réglementaire. Nombre de policiers ne sont pas dotés de cartes professionnelles. Nous voyons la création de Polices Municipales « ersatz » composées d’agent déguisés en bleu pour « faire police » comme dans la Ville du Mans . Cela est clairement revendiqué par l’élu en charge de la sécurité : le Maire Adjoint dans Ouest France affirme lui-même : « Aujourd'hui, leur nouvelle tenue rappelle celle des policiers, convient Christophe Counil, adjoint au maire chargé de la sécurité. C'est un choix clairement assumé. Le bleu, c'est la couleur de l'ordre. C'est plus facile de se faire respecter. »

Pourtant il semble que la loi est parfaitement claire : (L. no 99-291 du 15 avr. 1999) Les fonctions d'agent de police municipale ne peuvent être exercées que par des fonctionnaires territoriaux recrutés à cet effet dans les conditions fixées par les décrets en Conseil d'État prévus à l'article 6 de la loi no 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et la circulaire NOR /INT/D/99/00095/C précise en son article 1-4-1-1 " l'article 7 de la loi modifiant l'article L412-49 du code des communes pose en règle que les agents de police municipale quel que soit leur grade ne peuvent être que des fonctionnaires territoriaux. La loi prohibe ainsi clairement le recrutement d'agents "supplétifs" exerçant des missions de police municipale en dehors dudit cadre d'emploi."

Pourtant on voit ces fausses polices composées d’agents non formés et ne disposant pas du  double agrément comme les policiers municipaux proliférer. Comment qualifier autrement que de « milices » ces services qui ne sont soumis à  aucun code de déontologie ?

Nous pouvons également signaler les « ASVP maîtres chiens » (pour garder les parcmètres ?), les ASVP en patrouille avec la Police Municipale qui conduisent les véhicules de Police, ceux qui procèdent à des contrôles routiers, qui utilisent des cinémomètres, et enfin les agents qui portent carrément la tenue de policier municipal …Sans en être. Ajoutez à cela des ports d’armes de 6ème catégorie fréquents.

D’autres communes, sans autorisation préfectorale, passent des contrats avec des sociétés de surveillance privée pour surveiller la voie publique. Ce qui est un délit puni de prison.

Passons sur les abus de pouvoir fréquents : tel chef de service de police municipale « invité » à quitter la commune après avoir fait fermer une boucherie où se trouvait plus d’une tonne de produits avariés (le boucher étant un proche du maire…) , tel autre invité lui aussi à partir après que ses agents aient commis le crime de lèse majesté d’avoir interpellé un élu conduisant en  état d’ivresse, le cas le plus caricatural se situant en Seine et Marne ou un  maire a été jugé devant le tribunal correctionnel en 2010  pour « prise de mesure suivie d’effet contre l’exécution de la loi par dépositaire de l’autorité publique ». Il avait tenté d’empêcher que le Directeur des Services Techniques, ivre au volant, soit interpellé par la Police Municipale . Un  fax providentiel a averti le Procureur de la République .Les policiers municipaux ont témoigné au procès .

« Je me trouvais en porte-à-faux. D’un côté, il y avait la loi. De l’autre, il y avait mon patron », a raconté un agent, qui — depuis — a perdu sa fonction de chef de brigade ( !). Le procureur adjoint  devant le tribunal correctionnel a expliqué :«Soit je considère qu’en tant que maire il pensait à sa commune, pour laquelle il se dévoue depuis douze ans. Soit je considère qu’en tant que maire, il se croyait tout permis. Sur ce dossier-là, je pense qu’il a pensé au contrat qu’il devait signer en présence de son directeur des services techniques ».

 

Les policiers municipaux, dans ces situations, se retrouvent pris dans un piège. Nous avons-nous même été obligés de dénoncer une directrice générale des services adjointe qui se permettait d’avoir accès, par voie détournée, au fichier national des immatriculations.

 

Les administratifs se permettent souvent de s’immiscer dans les fonctions de police. Si le chef rechigne il peut craindre des sanctions plus ou moins déguisées.

 

Nous demandons donc la création d’un service indépendant de contrôle des Polices Municipales . Ce service pourra être saisi par le Parquet ou bien par les organisations professionnelles .

 

Il n’appartient pas en effet aux syndicats de faire « la police » dans la police . Et c’est pourtant actuellement le cas. Le rôle « d’IGPM » est assuré par quelques syndicalistes .

 

 

5) Elections professionnelles

 

Disons les choses crûment là aussi : il n’y a pas d’élections professionnelles au sein de la Police Municipale.

D’où CAP et CTP où les policiers municipaux ne sont pas représentés spécifiquement, ignorance ou hostilité des délégués du personnel (souvent idéologiquement anti « bleu marine » )

Impossibilité pour le gouvernement d’avoir des interlocuteurs fiables et réellement représentatifs, certains syndicats envoyant des représentants n’étant même pas policiers . Non  seulement les PM ne se sentent pas représentés, mais les décideurs ne peuvent avoir une vision claire de la situation .

 

6) Agréments

 

Outre un agrément « national » nous demandons que les procédures de retrait d’agrément définitifs soient revues. Il est parfaitement légitime que le Procureur de la République suspende l’agrément d’un fonctionnaire lorsque celui-ci est soupçonné dans une affaire . Il convient d’écarter les « brebis galeuses » et il n’est pas question pour nous de défendre les éventuels « ripoux » que nous voulons voir écartés de notre profession .

 

MAIS : tout retrait d’agrément  définitif ne devrait être pris qu’après une décision collégiale et basée sur des éléments objectifs de moralité des policiers. Après une condamnation définitive pour des faits clairement incompatibles avec la fonction. Un Procureur est un homme et comme tous les hommes ils sont faillibles.

 

Il est injuste de condamner à une « double peine » certains fonctionnaires qui, dans la Police Nationale, ne seraient pas condamnés en plus à aller pointer au Pôle Emploi. Ainsi on a vu des fonctionnaires privés d’agrément sous le prétexte que le maire « n’avait plus confiance en eux ». D’autres parce qu’ils avaient eu l’audace de porter plainte pour harcèlement (et avaient perdu leur procès).

 

Un voleur, un délinquant, un criminel doit être renvoyé de la Police . Sans hésiter. Mais sur des critères OBJECTIFS.

 

Conclusion

 

Vous remerciant une nouvelle foi de l’attention que vous aurez accordée à ce document nous nous tenons à votre entière disposition si nécessaire. La réforme qui DOIT être envisagée est simple : ou bien la Police Municipale devient une entité inutile à but électoral, ou bien elle devient une réelle police territoriale, comme il  en existe chez nos voisins européens. Tout cela aura des conséquences politiques (au sens noble du terme) importantes, tant pour nos concitoyens que pour la crédibilité du gouvernement.

 

Aux côtés d’une police et d’une gendarmerie nationales fortes et respectées, centralisées, doit exister une police territoriale. Enfin il serait singulier que seul l’Etat central assume ses responsabilités en matière de sécurité publique. Certains maires semblent oublier qu’ils n’ont plus à financer de sapeurs-pompiers communaux depuis que les centres de secours ont été départementalisés. C’est un faux argument car l’argent public peut –être dépensé autrement qu’en recrutement de copinages, en voitures toutes options, en  logements de fonction ou  en œuvres (plus ou moins) d’art sur les ronds points. Le Président de la République a annulé la Garden Party du 14 juillet 2010. Nous n’avons pas vu de maires renoncer à présenter leurs vœux sans traiteurs coûteux, petits fours et champagne. Nous caricaturons ? A peine. Des économies nous pouvons en trouver à tous les postes de fonctionnement. Même dans la Police Municipale une voiture « Low Cost » rendra les mêmes services utilitaires que certains véhicules de prestige.

 

Nous vous prions d’agréer, Madame, Mademoiselle, Monsieur l’expression de notre très respectueuse considération.

BN le 06/09/10

 

EUROCOP regroupe 27 pays Européens, 36 syndicats de Policiers.
EUROCOP représente 500.000 policiers et siège dans les instances Européennes

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Published by Syndicat indépendant de la police municipale