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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 16:58

logo PMsource http://valeursactuelles.com/notre-opinion/notre-opinion/laboratoire-d’orléans20101007.html

 

Valeurs Actuelles

 

En 2001, Orléans se classait parmi les quinze agglomérations de plus de 100 000 habitants les plus criminogènes de France. Depuis, la délinquance a baissé de 61 % : la ville fait figure de laboratoire.

Des délégations de l’Europe entière, des élus de droite comme de gauche viennent consulter le maire, Serge Grouard, et son adjoint à la sécurité, Florent Montillot.

En 2001, ils étaient à peine élus, l’affaire avait fait grand bruit, ils avaient pris un arrêté de couvre-feu pour les enfants de moins de 13 ans : s’ils traînaient seuls dans les rues au-delà de 23 heures, la police les reconduisait chez eux. À l’époque, certains au PS jugeaient la mesure “liberticide”. Ségolène Royal avec d’autres approuvaient.

La Mairie a multiplié les arrêtés. Antiprostitution, antibivouac, antivente d’alcool à emporter après 22 heures dans le centre-ville. En même temps, les effectifs de policiers municipaux étaient augmentés d’un tiers, formés, équipés de véhicules neufs. Leurs locaux rénovés. Des caméras étaient installées dans les endroits sensibles de la ville avec une surveillance 24 heures sur 24.

Des moyens et une méthode à la carte, car « chaque enfant, chaque famille est unique ». « Le rôle de l’élu, dit le maire, c’est de poser les limites que les parents ne savent pas mettre. »

Comment ? D’abord par une politique de soutien scolaire offerte par la Mairie, qui aide 1 300 enfants à faire leurs devoirs le soir. Et de surveillance : Les élèves exclus temporairement du collège pour absentéisme ou mauvaise conduite sont aussitôt pris en charge dans un atelier de remotivation où ils continuent d’étudier. Pas question qu’ils traînent dans les rues ! Si un enfant tombe dans la délinquance, son cas est signalé et étudié en partenariat avec la justice et l’Éducation nationale. Les six mairies de quartier sont mobilisées. C’est une logique de proximité. En 2003, la Mairie a créé Le Carrefour des parents. À raison d’une réunion par semaine, des parents dépassés par leur progéniture viennent discuter avec une équipe pédagogique : des éducateurs, des psychologues, des médecins. « Quand l’école les prévient par lettre de l’absentéisme de leur enfant, comme souvent les parents ne savent pas lire, c’est sans effet. Nous, nous allons frapper à leur porte », explique Serge Grouard. Un “Super Nanny” municipal en somme.

Il y a aussi le conseil pour les droits et devoirs des familles. Un dispositif voté à l’initiative de Nicolas Sarkozy en mars2007. Le maire préside ce conseil. Des familles en grande difficulté, souvent monoparentales, sont reçues individuellement, confidentiellement, rappelées à l’ordre et prises en charge. Un référent est désigné pour suivre l’enfant. Des cours d’alphabétisation sont proposés à la mère. Chaque semaine, une centaine de familles sont ainsi suivies, avec le temps qu’il faut : le secret de la méthode est là. Un véritable apostolat. Parce que ce dispositif est assez méconnu des maires, Nadine Morano vient de leur envoyer une lettre pour leur en rappeler l’existence – 14,5 millions d’euros par an de dotation de l’État. Parallèlement, tous les logements sociaux ont été réhabilités et le centre-ville restauré. Serge Grouard, qui s’est longtemps fait traiter de facho, se dit « partagé entre l’envie de faire savoir et la pudeur, parce que tout est fragile »  Catherine Nay

Photo © Valmonde      

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Published by Syndicat indépendant de la police municipale