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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 20:07

Dans la (très) belle école de l'Administration Pénitentiaire (ENAP) , dans de beaux locaux, avec de bons formateurs on apprend aux élèves du droit, la loi, la théorie. L'enthousiasme ne dure pas quand les collègues s'aperçoivent qu'en réalité on leur a retiré en pratique toute autorité et qu'on attend deux choses d'eux :

1) Pas de vagues

2) Que le "room service" de l'Hôtel Pénitentia fonctionne bien, et tant pis pour le stress ou la fatigue physique (souvent cumulés) du surveillant pénitentiaire. On considère que le "maton" doit déjà être bien content d'avoir un emploi stable à un peu plus du SMIC.

On en arrive à des situation tout simplement ubuesques, ou non seulement les détenus ont plus que le minimum (que les conditions de détention soient dignes est normal) mais où ils ont carrément du luxe.

Bien entendu, certains détenus, rétifs à la réinsertion, qui sont des prédateurs nés, en profitent très rapidement. Comme dans certains centres de détention ils ont un régime "porte ouverte" (avec sachez le la clef de leur cellule ! Faut-il dire "chambre" ? Cela viendra...) les plus forts font la loi sur les plus faibles, et font même la loi contre...Les surveillants.

C'est juste la réalité, c'est ainsi que cela se passe. Et tant qu'il n'y a pas d'évasion l'Administration Pénitentiaire jette un voile pudique sur ces réalités. Insuportables pour les détenus faibles, les surveillants, les citoyens...Indignes d'un Etat de Droit !


Ainsi à Chateaudun le cas du détenu Stéphane Raye, qui refusait de regagner sa prison par peur pour...sa vie est-il exemplaire.

A son procès pour évasion ont témoigné des surveillants pénitentiaires qui ont raconté la réalité du monde carcéral.

Joël Iraegui, du Syndicat National Pénitentiaire (SNP-FO) raconte à la barre du tribunal de Chartres :" Un bâtiment ou 600 personnes seraient confinées, avec les portes ouvertes en permanence. Chacun s'y déplace comme il veut, les plus violents décident. (...) Quand un surveillant se rend dans une aile qui n'est pas la sienne, il doit montrer patte blanche aux détenus". (...) Tout ce que dit M. Raye est crédible et vraisemblable. Les portables rentrent par centaines, le shit par kilos. Agressé cinq fois l'un des nôtres s'est suicidé il y a trois mois
Le tribunal administratif vient de reconnaître que ce suicide était lié aux conditions de travail. . Les gradés sont menacés sur leur portable. Tout le monde craint pour ses proches. (...)

Voilà la réalité de NOS prisons : agressions quotidiennes de surveillants, suicides de nos collègues et de détenus, loi du plus fort et non force à la loi ! Les détenus les plus faibles et pas nécessairement violents (tout détenu n'est pas forcément idiot, violent, associal ou pervers) et les surveillants pénitentiaires sont en grand danger.

Toutes nos pensées vont à nos collègues de la pénitentiaire qui font sans doute le métier de sécurité publique le plus difficile et le plus ingrat.

SIPM-FPIP/EUROCOP le 11/06/2013

A P

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Published by SIPM - EUROCOP - dans Communiqués