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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 15:39

Viol-Konk

 

Dans les années 2000, deux policiers seynois "pris pour cible" par Boumezaar

À La Seyne, dans la cité Berthe, deux policières avaient croisé la route d’Abdallah Boumezaar, le tueur des deux gendarmes à Collobrières. Il n’avait pas hésité à les frapper pour s’enfuir

Son dossier aurait pu être plaidé dans la discrétion des audiences administratives. Mais les meurtres des deux gendarmes à Collobrières ont changé la donne. Me Sandie Castagnon représente un couple de policiers jadis en poste à La Seyne-sur-Mer. La femme est l'une des policières qui « a fait tomber Mohamed et Abdallah Boumezaar ». Son mari était affecté comme elle dans cette ville et dans ce quartier. « Elle était en police de proximité, dans la cité Berthe. Son travail, c'était l'anti-criminalité, la délinquance routière et le blanchiment d'argent », poursuit l'avocate.

Un travail qui a viré au « sacerdoce » quand les deux policiers ont commencé à être « pris pour cible par les caïds ». Leurs noms sont écrits sur des murs de la cité, accompagnés d'insultes et de menaces de mort. Puis c'est carrément leur adresse postale qui s'affiche en grand.

« Les bandes savaient où ils habitaient. C'était à l'autre bout de l'agglomération. » Le couple est obligé de vendre et de déménager.

La suite, ce sont des menaces de mort par téléphone, des pneus crevés, leur domicile seynois cambriolé, la voiture « suivie sur l'autoroute ». Le numéro de la plaque d'immatriculation est tagué en gros caractères près de l'hôtel de police.

« Ces faits ont rapidement commencé après l'affectation de ma cliente, au début des années 2000 », relate Me Castagnon.

Le couple tient bon, même si le bras de fer est de plus en plus difficile à supporter. « Ma cliente est dans la police depuis 1987, elle a vécu les attentats du RER à Paris, c'est une femme expérimentée. »

Les nerfs ont craqué quand les deux enfants du couple ont commencé à être cités dans les menaces. Insupportable.

L'administration propose une mutation à l'autre bout de la France. C'est là où la famille a refait sa vie depuis 2008.

« Haine de la gent féminine »

Pourtant, à cause de motifs administratifs, cette mutation « pour circonstances exceptionnelles » devrait prendre fin cet été. « J'attaque devant le tribunal administratif de Toulon la décision de les réintégrer dans leur service d'origine, tonne l'avocate. Cette décision est une catastrophe. On ne peut pas les remettre dans ce bourbier. »

Désormais, ceci est aussi une question de santé, car la policière est suivie par un psychiatre. Encore fragile.

Quand le couple a lu le nom Boumezaar dans les médias, « ils n'ont pas pu le croire ». Une replongée dans un passé douloureux,« une sidération ».

« Abdallah semble avoir une haine des uniformes et de la gent féminine,analyse Me Castagnon. Il a dit à ma cliente :''Je ne te parle pas, je parle à un homme.''»

Pour elle, « on banalise la violence sur les policiers. Il est désespérant de voir à quel point l'autorité est méprisée. »

 http://www.varmatin.com/faits-divers/dans-les-annees-2000-deux-policiers-seynois-pris-pour-cible-par-boumezaar.895621.html

 

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Published by SIPM - EUROCOP - dans Presse et sécurité